Anatomie complète du clitoris
Ce que la science révèle en 2026 : piliers, bulbes, innervation, vascularisation et homologie embryologique.
Lire l'articleTout ce que la science nous apprend sur le clitoris : taille réelle, 8 000 terminaisons nerveuses, origines embryonnaires, érection et anatomie détaillée.
Lire l'article completEn résumé : Le clitoris est bien plus qu'un petit bouton visible à la surface de la vulve. Cet organe, le seul du corps humain dédié exclusivement au plaisir, mesure en réalité 10 à 12 cm et contient environ 8 000 terminaisons nerveuses. Longtemps ignoré par la médecine, il n'a été entièrement cartographié par IRM qu'en 1998 par l'urologue Helen O'Connell. Cet article rassemble 7 faits scientifiques étonnants sur le clitoris, son anatomie détaillée, son fonctionnement et les enjeux médicaux associés.
Le clitoris ne se résume pas au petit organe visible au sommet de la vulve. Ce que l'on aperçoit à l'extérieur n'est que la partie émergée d'une structure bien plus vaste, qui se prolonge à l'intérieur du bassin avec un corps, deux piliers et deux bulbes vestibulaires. En 1998, l'urologue australienne Helen O'Connell a publié ses recherches révolutionnaires sur l'anatomie du clitoris grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM). Avant ses travaux, les dimensions réelles de cet organe étaient largement méconnues, tant du grand public que de la communauté scientifique.
Grâce à cette étude et à une publication complémentaire en 2005, il est apparu que le clitoris est un organe composé de 18 parties distinctes, dont le tissu érectile est dix fois plus grand que ce qui était habituellement représenté dans les manuels. Ces découvertes ont ouvert de nouvelles perspectives dans la recherche sur la sexualité féminine. Voici sept faits scientifiques qui illustrent l'importance de cet organe.
Ce que l'on peut observer du clitoris en surface ne représente qu'une infime fraction de sa taille réelle. Au total, le clitoris mesure en moyenne 10 à 12 centimètres, et peut atteindre jusqu'à 20 cm chez certaines femmes. Il se compose de 18 parties, du tissu érectile aux nerfs, qui contribuent toutes à la réponse sexuelle féminine.
Le gland du clitoris, seule partie visible de l'extérieur, mesure de 4 à 10 mm. C'est la zone la plus sensible de tout l'organe. Il est situé au sommet des lèvres internes de la vulve et est recouvert d'un prépuce (capuchon clitoridien). Ce prépuce, comme le clitoris lui-même, varie considérablement d'une femme à l'autre, ce qui explique que le gland soit parfois plus ou moins visible et accessible.
Sous la surface se trouvent le corps du clitoris, les deux piliers (crura) qui s'enfoncent dans le bassin, et les bulbes vestibulaires — deux masses de tissu érectile qui s'appliquent contre la paroi antérieure du vagin et encadrent le vestibule vaginal. C'est cette architecture interne qui explique que la stimulation vaginale puisse aussi être source de plaisir.
Le clitoris est constitué de muscles, de tissu érectile et de nerfs. Le gland du clitoris contient à lui seul environ 8 000 terminaisons nerveuses sensorielles, soit environ deux fois plus que le gland du pénis (~4 000). C'est la zone la plus densément innervée du corps humain, ce qui explique sa sensibilité exceptionnelle.
Les nerfs sensoriels du clitoris partent de la peau, passent dans le nerf clitoridien dorsal, puis rejoignent le nerf pudendal jusqu'à la moelle épinière. Lorsque le clitoris est stimulé, le cerveau reçoit ainsi des signaux de plaisir d'une intensité proportionnelle à cette concentration nerveuse.
Cette sensibilité extrême peut toutefois poser problème : chez certaines femmes dont le gland est très exposé (prépuce court), la stimulation directe peut provoquer non pas du plaisir, mais une sensation de douleur. À l'inverse, chez les femmes dont le capuchon est plus large, les sensations peuvent être atténuées. La communication avec le ou la partenaire est donc essentielle pour adapter la stimulation à chaque morphologie.
| Caractéristique | Clitoris | Pénis |
|---|---|---|
| Terminaisons nerveuses (gland) | ~8 000 | ~4 000 |
| Tissu érectile | Oui (corps caverneux) | Oui (corps caverneux) |
| Érection | Oui | Oui |
| Origine embryonnaire | Même tissu foetal (tubercule génital) | |
| Fonction reproductive | Non | Oui |
| Fonction de plaisir | Oui (unique fonction identifiée) | Oui (parmi d'autres) |
Jusqu'à environ la huitième semaine de développement foetal, tous les embryons présentent la même apparence génitale. Ce n'est qu'à partir de la douzième semaine que les organes génitaux se différencient en pénis ou en clitoris, selon la combinaison chromosomique et l'environnement hormonal.
Le clitoris et le pénis se développent à partir du même tissu embryonnaire : le tubercule génital. C'est pourquoi les deux organes partagent une structure anatomique très similaire : tous deux possèdent un gland, un prépuce et du tissu érectile (corps caverneux). Cette homologie embryonnaire constitue d'ailleurs une base anatomique importante pour la chirurgie de réassignation de genre.
La différence de taille entre le pénis et le clitoris chez l'adulte s'explique principalement par le rôle reproductif du pénis, qui nécessite une taille suffisante pour la pénétration. Le clitoris, n'ayant pas de fonction reproductive, n'est pas soumis à cette contrainte évolutive — ce qui ne diminue en rien son importance fonctionnelle.
Le canal vaginal est relativement peu pourvu de terminaisons nerveuses par rapport au clitoris — une caractéristique qui, selon certains chercheurs, permet notamment de rendre l'accouchement physiologiquement supportable.
Comme expliqué précédemment, les bulbes vestibulaires et les piliers du clitoris s'appliquent contre la paroi vaginale. La pénétration vaginale stimule donc indirectement le clitoris par pression sur ces tissus érectiles internes. C'est la raison pour laquelle de nombreux experts ont abandonné la distinction entre « orgasme vaginal » et « orgasme clitoridien » — le clitoris joue un rôle central dans les deux cas.
En 2009, la chercheuse française Odile Buisson et le Dr Pierre Foldès ont publié les premières images d'échographie du clitoris stimulé, confirmant définitivement le lien entre les corps caverneux internes du clitoris et la sensibilité ressentie lors de la pénétration. Certains chercheurs considèrent également que le fameux « point G » fait partie intégrante du clitoris interne.
Lors de l'excitation sexuelle, un afflux de sang remplit les corps caverneux du clitoris, entraînant son érection. L'ensemble de l'organe — gland, corps, piliers et bulbes — augmente de volume. Ce gonflement peut atteindre jusqu'à 300 % de la taille au repos chez certaines femmes, tandis que chez d'autres, le changement est plus discret.
Ce mécanisme est physiologiquement identique à l'érection du pénis. Toutefois, la réponse du clitoris à la stimulation est généralement un peu plus lente : il faut en moyenne 20 à 30 secondes de stimulation pour observer un début d'engorgement. Après l'orgasme, le clitoris retrouve progressivement sa taille initiale.
Le remplissage des bulbes vestibulaires — situés sous la peau des grandes lèvres — contribue à l'élargissement de l'ouverture vaginale et à l'augmentation de sa lubrification, facilitant ainsi la pénétration. Les piliers, qui encadrent le vagin, se gorgent également de sang, comprimant légèrement le canal vaginal et améliorant le contact lors du rapport.
Le clitoris est le seul organe du corps humain dont la fonction reste inchangée tout au long de la vie. Qu'une femme ait 25 ou 75 ans, le clitoris conserve la même capacité à procurer du plaisir. Ses 8 000 terminaisons nerveuses restent fonctionnelles indépendamment de l'âge.
Fait remarquable, le clitoris continue de croître tout au long de la vie. À un âge avancé, il peut être jusqu'à 2,5 fois plus grand qu'il ne l'était à la puberté. Cette croissance progressive ne s'accompagne d'aucune perte de fonctionnalité — au contraire, elle peut même contribuer à une meilleure réponse sexuelle avec l'âge.
Pour en savoir plus sur l'évolution des connaissances au fil des siècles, consultez notre article sur l'histoire du clitoris.
Le clitoris a longtemps été considéré comme le seul organe dont l'unique fonction serait de procurer du plaisir sexuel. Des études récentes ont cependant révélé que son rôle est plus complexe. Pendant l'orgasme, le clitoris envoie des signaux au cerveau qui déclenchent une cascade de réponses physiologiques favorisant la reproduction :
Ces réponses facilitent le chemin des spermatozoïdes vers l'ovule. Le clitoris jouerait donc un rôle indirect mais significatif dans la reproduction, en plus de sa fonction première de plaisir.
Des recherches menées par l'université Wilkes (États-Unis) ont également démontré que la libération d'hormones sexuelles pendant l'orgasme double la production de cellules tueuses dans le sang, renforçant les défenses immunitaires. La stimulation clitoridienne présente donc des bénéfices qui dépassent largement le cadre de la sexualité.
La reproduction est l'une des fonctions fondamentales du corps humain. Les organes qui y participent constituent le système reproducteur. Le système reproducteur féminin est particulièrement complexe, composé d'organes internes et externes aux fonctions complémentaires.
Les organes internes comprennent les ovaires (production d'ovocytes et d'hormones), les trompes de Fallope (transport de l'ovule), l'utérus (nidation et développement de l'embryon) et le vagin (canal de communication entre l'utérus et l'extérieur). Les organes externes, regroupés sous le terme de vulve, sont directement observables et jouent un rôle tant dans la protection des structures internes que dans la réponse sexuelle.
Comprendre l'ensemble de ce système est essentiel pour saisir le rôle et la position du clitoris dans l'anatomie féminine.
Les organes génitaux externes féminins, collectivement appelés vulve, comprennent plusieurs structures distinctes :
Le clitoris est un organe non apparié en forme de Y inversé. Sa structure complète comprend quatre parties principales :
Le gland clitoridien est la seule partie visible de l'extérieur. Sa taille varie de 4 mm à 1 cm de longueur. Il est protégé par le capuchon clitoridien (prépuce), un repli cutané qui le recouvre partiellement ou totalement au repos. Lors de l'excitation sexuelle, le clitoris s'érige et le gland fait saillie au-delà du capuchon.
Le corps du clitoris prolonge le gland vers l'intérieur. Il est constitué de deux corps caverneux entourés d'une gaine fibreuse dense (albuginée). Le corps est maintenu en place par un ligament suspenseur, et possède un frénulum, comme le pénis.
À l'extrémité interne du corps, le clitoris se divise en deux branches appelées piliers ou crura. Ces structures cylindriques, composées de tissu érectile, s'écartent de chaque côté et s'enfoncent dans le bassin le long des branches ischio-pubiennes.
Les bulbes vestibulaires sont deux masses de tissu érectile situées sous les petites lèvres, de part et d'autre du vestibule vaginal. Lors de l'excitation, ils se gorgent de sang, contribuant à la lubrification vaginale et à l'élargissement de l'orifice vaginal.
Au total, la longueur du clitoris, parties internes comprises, varie de 8 à 20 cm selon les femmes. La taille de l'organe est déterminée par la génétique et les niveaux d'hormones sexuelles, et n'est pas corrélée à la capacité de ressentir du plaisir.
Les piliers (crura) du clitoris jouent un rôle fonctionnel essentiel qui a longtemps été méconnu. Ces deux structures encadrent le canal vaginal de chaque côté. Leur fonction principale est de comprimer le vagin lors de l'excitation sexuelle afin d'optimiser le contact avec le pénis pendant le rapport.
Le mécanisme est le suivant : les corps caverneux des piliers contiennent des cavités qui se remplissent de sang lors de l'excitation, ce qui provoque leur gonflement. Ce gonflement exerce une pression sur les parois vaginales, rétrécissant légèrement le canal et augmentant la friction — et donc les sensations — pour les deux partenaires.
Jusqu'à récemment, l'existence même de ces piliers en tant que partie du clitoris était contestée. Le tissu spongieux des piliers est très étroitement fusionné avec les parois du vagin et entouré de tissu conjonctif, ce qui rendait difficile, lors des dissections classiques sur cadavres, de déterminer où le vagin se terminait et où le clitoris commençait. Ce n'est que grâce aux techniques d'imagerie modernes — IRM et échographie — que la structure complète du clitoris a pu être visualisée in vivo il y a une vingtaine d'années.
Pour approfondir cette question, consultez notre article sur l'échographie du clitoris, qui détaille les travaux d'imagerie ayant révélé la structure interne de l'organe.
La circoncision féminine, ou excision, est une pratique qui consiste le plus souvent en l'ablation partielle ou totale du capuchon clitoridien et/ou du gland du clitoris. Classée parmi les mutilations génitales féminines (MGF) par l'Organisation mondiale de la santé, elle est pratiquée dans certaines régions d'Afrique et d'Asie. Son objectif déclaré est de réduire la sensibilité sexuelle des femmes.
Les conséquences de cette pratique sont graves et multiples :
En 2026, des chirurgiens spécialisés pratiquent des interventions de restauration clitoridienne visant à redonner une sensibilité aux femmes ayant subi des mutilations. Le Dr Pierre Foldès, chirurgien français, est l'un des pionniers de cette technique.
Au XIXe siècle, la clitoridectomie a été pratiquée dans certains pays occidentaux comme prétendu traitement contre la masturbation, considérée alors comme une pathologie. Cette pratique médicale, aujourd'hui condamnée, témoigne de la longue histoire de méconnaissance et de contrôle exercé sur la sexualité féminine. Pour mieux comprendre comment le clitoris a été rendu invisible dans la science et la société, consultez notre article sur l'invisibilité du clitoris.
L'hypertrophie clitoridienne désigne un élargissement anormal du clitoris. Elle peut être congénitale (liée à un déficit de production de cortisol par les glandes surrénales, entraînant une accumulation de stéroïdes) ou acquise (par exemple, chez les femmes utilisant des stéroïdes anabolisants ou souffrant du syndrome des ovaires polykystiques).
Lorsque l'hypertrophie est importante, elle peut occasionner une gêne fonctionnelle. Une intervention chirurgicale de réduction peut alors être envisagée. Dans certains cas, une chirurgie visant à retirer une partie du tissu muqueux peut être pratiquée pour augmenter la sensibilité d'un clitoris rendu insensible (anorgasmie).
Il est important de souligner que la diversité des tailles et des formes du clitoris est tout à fait normale. La taille de l'organe n'est pas corrélée à la capacité de ressentir du plaisir, et l'orgasme est possible indépendamment de la morphologie clitoridienne.
Bien que le clitoris soit anatomiquement protégé, il peut être traumatisé lors de rapports sexuels, notamment en cas de stimulation trop brusque ou maladroite. Les abrasions et micro-lésions du gland peuvent provoquer des saignements (le clitoris, comme le pénis, contient des vaisseaux sanguins importants) et nécessitent un temps de cicatrisation d'autant plus long que la localisation de l'organe rend difficile l'application régulière de soins locaux.
Plusieurs affections peuvent toucher le clitoris et nécessitent une consultation médicale :
Dans tous ces cas, une consultation médicale est recommandée. Même des lésions superficielles au niveau des organes génitaux peuvent évoluer vers une infection si elles ne sont pas correctement prises en charge.
Cette animation primée, réalisée par Lori Malépart-Traversy, explique de manière accessible et scientifique l'anatomie et l'histoire du clitoris :
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Devenir membreMalgre les avancees scientifiques des dernieres decennies, le clitoris reste entoure de nombreuses idees recues. Entre meconnaissance anatomique, tabous persistants et representations culturelles biaisees, cet organe est encore trop souvent reduit a sa partie visible ou associe a des croyances erronees. Il est pourtant essentiel de depasser ces mythes pour comprendre pleinement la sexualite humaine et promouvoir une education sexuelle fondee sur des donnees scientifiques solides.
Le premier mythe, et sans doute le plus tenace, consiste a croire que le clitoris se limite a un petit organe externe. En realite, ce que l'on peut observer a l'oeil nu, le gland clitoridien, ne represente que la partie emergee d'une structure anatomique beaucoup plus vaste. L'ensemble du clitoris, incluant le corps, les deux piliers (crura) et les deux bulbes vestibulaires, mesure en moyenne 10 a 12 centimetres et peut atteindre jusqu'a 20 cm chez certaines personnes. Cette meconnaissance de la taille reelle du clitoris s'explique par des siecles d'omission dans les manuels d'anatomie et les programmes de formation medicale.
Un deuxieme mythe frequemment rencontre est l'idee selon laquelle le clitoris serait un organe secondaire ou accessoire dans la reponse sexuelle. Les donnees scientifiques contredisent formellement cette croyance. Le clitoris est le seul organe du corps humain dont la seule fonction connue est de procurer du plaisir. Il ne joue aucun role dans la reproduction ni dans la miction. Selon les etudes epidemiologiques les plus recentes, environ 75 % des personnes possedant un clitoris necessitent une stimulation clitoridienne directe ou indirecte pour atteindre l'orgasme. Ce chiffre souligne a lui seul le role central de cet organe dans la sexualite.
Un troisieme mythe repandu veut que l'on distingue un orgasme vaginal d'un orgasme clitoridien, comme s'il s'agissait de deux phenomenes physiologiquement distincts. Cette distinction, heritee des theories freudiennes du debut du XXe siecle, est aujourd'hui largement contestee par la communaute scientifique. Les travaux d'echographie du clitoris menes par Odile Buisson ont demontre que la stimulation vaginale active egalement les structures internes du clitoris, en particulier les bulbes vestibulaires qui entourent le vagin. Il n'existe donc probablement qu'un seul type d'orgasme, avec differentes voies de stimulation.
L'anatomie du clitoris a ete revolutionnee par les travaux de l'urologue australienne Helen O'Connell, publiees en 1998 puis en 2005. Grace a l'imagerie par resonance magnetique (IRM) et a des dissections minutieuses, O'Connell a demontre que le clitoris est un organe complexe compose de 18 parties distinctes. Le tissu erectile du clitoris est dix fois plus volumineux que ce qui etait habituellement represente dans les manuels medicaux.
Le gland du clitoris, bien que petit (4 a 10 mm en moyenne), concentre a lui seul environ 8 000 terminaisons nerveuses, ce qui en fait la zone la plus densement innervee du corps humain. A titre de comparaison, le gland du penis en contient environ 4 000. Cette richesse en recepteurs sensoriels explique la sensibilite exceptionnelle du clitoris et son role determinant dans la reponse sexuelle.
Lors de l'excitation sexuelle, le clitoris entre en erection : ses corps caverneux se remplissent de sang, et l'organe peut augmenter de volume de 200 a 300 %. Ce processus est physiologiquement analogue a l'erection du penis, ce qui n'est pas surprenant puisque les deux organes partagent la meme origine embryonnaire. Jusqu'a la huitieme semaine de developpement foetal, le tubercule genital est identique quel que soit le sexe chromosomique. C'est ensuite l'influence des hormones qui orientera sa differenciation en clitoris ou en penis.
Tout comme il existe une grande variete de morphologies pour l'ensemble des organes du corps humain, le clitoris presente une diversite considerable d'une personne a l'autre. La taille du gland visible, la forme du capuchon clitoridien (prepuce), la longueur des piliers et le volume des bulbes vestibulaires varient naturellement. Cette diversite est parfaitement normale et n'a aucune incidence sur la capacite a ressentir du plaisir.
L'age, les fluctuations hormonales (puberte, grossesse, menopause, therapie hormonale) et le niveau d'excitation peuvent egalement influencer l'apparence et la sensibilite du clitoris. Certaines personnes observent une augmentation de la taille du gland clitoridien avec l'age ou apres la menopause, en raison de la modification de l'equilibre hormonal. Ces variations sont physiologiques et ne constituent pas des anomalies.
Il est important de souligner que les representations du clitoris dans les medias, les manuels scolaires et meme les ouvrages medicaux ont longtemps ete absentes ou inexactes. Le premier modele anatomique 3D du clitoris n'a ete realise qu'en 2009, et le premier modele imprimable en 3D, concu par la chercheuse francaise Odile Fillod, n'a ete diffuse qu'en 2016. Cette absence de representations fiables a contribue a perpetuer les mythes et la meconnaissance.
Une education sexuelle complete et rigoureuse constitue le meilleur rempart contre les idees recues. Les etudes montrent que les personnes ayant recu une education sexuelle incluant des informations precises sur le clitoris rapportent une meilleure satisfaction sexuelle, une communication plus aisee avec leurs partenaires et une image corporelle plus positive.
En France, le clitoris a fait son apparition dans les manuels de sciences de la vie et de la terre (SVT) en 2017, grace a la reforme des programmes du secondaire. Cette avancee, bien que tardive, represente un tournant : pour la premiere fois, des millions d'eleves ont acces a une representation anatomique complete de cet organe. D'autres pays, comme la Suisse, la Suede et les Pays-Bas, ont integre le clitoris dans leurs programmes scolaires depuis plus longtemps, avec des resultats positifs mesurables en termes de sante sexuelle.
L'enjeu depasse le cadre scolaire. La formation medicale elle-meme reste lacunaire dans de nombreux pays. Des enquetes menees aupres d'etudiantes et d'etudiants en medecine revelent qu'une proportion significative d'entre eux est incapable de localiser correctement le clitoris sur un schema anatomique ou d'en decrire la structure interne. Cette meconnaissance a des consequences directes sur la qualite des soins : diagnostic tardif de pathologies clitoridiennes, manque d'accompagnement en matiere de plaisir et de sante sexuelle, et perpetuation de l'invisibilite du clitoris dans la pratique clinique.
Promouvoir une meilleure connaissance du clitoris ne releve pas uniquement de la curiosite scientifique. C'est un enjeu de sante publique, d'egalite et de respect de la diversite des corps. Chaque personne merite d'avoir acces a des informations fiables sur son propre corps, et chaque professionnel de sante devrait disposer des connaissances necessaires pour accompagner ses patientes et patients de maniere eclairee et bienveillante.
Le clitoris mesure en moyenne 10 à 12 cm dans sa totalité, et peut atteindre jusqu'à 20 cm chez certaines femmes. Seul le gland (4 à 10 mm) est visible à l'extérieur. Le reste — corps, piliers et bulbes vestibulaires — se trouve à l'intérieur du bassin. Sa taille varie d'une femme à l'autre en fonction de la génétique et des niveaux hormonaux, et n'est pas corrélée à la capacité de ressentir du plaisir.
Le gland du clitoris contient environ 8 000 terminaisons nerveuses sensorielles, soit environ deux fois plus que le gland du pénis (~4 000). C'est la zone la plus densément innervée du corps humain, ce qui en fait l'organe le plus sensible de l'anatomie féminine.
Oui. Le clitoris entre en érection lors de l'excitation sexuelle : ses corps caverneux se remplissent de sang, ce qui peut augmenter sa taille jusqu'à 300 %. Ce processus est physiologiquement similaire à l'érection du pénis, bien qu'il soit généralement un peu plus lent (20 à 30 secondes de stimulation nécessaires). L'organe retrouve sa taille initiale après l'orgasme.
Les travaux d'échographie d'Odile Buisson (2009) ont démontré que l'orgasme dit « vaginal » implique toujours le clitoris. Les corps caverneux internes et les bulbes vestibulaires entourent le vagin et sont stimulés lors de la pénétration. De nombreux experts considèrent désormais qu'il n'existe qu'un seul type d'orgasme, toujours lié à la stimulation directe ou indirecte du clitoris.
La circoncision féminine, ou excision, consiste en l'ablation partielle ou totale du clitoris externe (capuchon et/ou gland). Classée parmi les mutilations génitales féminines par l'OMS, elle est pratiquée dans certaines régions d'Afrique et d'Asie. Ses conséquences sont graves : perte de sensibilité, douleurs chroniques, cicatrices, hémorragies, troubles urinaires et traumatismes psychologiques. Des interventions chirurgicales de restauration clitoridienne existent aujourd'hui pour aider les femmes concernées. En savoir plus sur l'histoire du clitoris.